Shakespeare en devenir - Les Cahiers de La Licorne - Université de Poitiers - Maison des Sciences de l'Homme et de la Société de Poitiers http://09.edel.univ-poitiers.fr/shakespeare Dans le prolongement de ses activités éditoriales, la revue La Licorne propose les Cahiers, des publications réalisées exclusivement sous forme électronique et libres d’accès. Il s’agit de Cahiers dévolus à un écrivain, à une problématique, ou à un corpus particulier. Les Cahiers Shakespeare en devenir ont ainsi pour vocation première de créer des liens signifiants entre l’époque de Shakespeare et la nôtre. Il s’agit de s’interroger sur ce que l’œuvre de Shakespeare est devenue au fil des siècles, au gré des cultures, et sur la manière dont elle continue d’évoluer aujourd’hui. fr Lodel 0.9 Introduction http://09.edel.univ-poitiers.fr/shakespeare/index.php?id=1508 Isabelle Schwartz-Gastine, Kiki Lindell Despite the fact that the present volume belongs to a series that has its seat and origin in France (Cahiers Shakespeare en Devenir was founded by Pascale Drouet, University of Poitiers, France), this special-issue branch of its pedigree can be traced to a far more northern clime: it was prompted by a symposium on “Much Ado About Nothing in Performance” at Lund University, Sweden, in June 2017, arranged by Isabelle Schwartz-Gastine (University of Caen-Normandie, France) and Kiki Lindell (Lund University). The symposium brought together an international group of Shakespeare scholars, educationalists and practitioners for three days of enthusiastic wallowing in all things Will: lectures and discussions; a workshop on teaching the plays through performance – facetiously entitled “Taking the Ache out of Shachespeare” and run by Bridget Escolme, Kiki Lindell and Mette Sjölin); rehearsals, and a student performance of Much Ado (at which the photographs liberally studding these pages were taken; it was a promenade performance, taking the audience through the beautiful gardens and historical buildings of Lund’s Open-Air Museum of Cultural History (kulturen.com). We were fortunate and proud to secure as our keynotes the very best representatives of all three fields – research, education and stage: Professor Michael Dobson, Director of the Shakespeare Institute, Stratford-upon-Avon; Jacqui O’Hanlon, Director of Education at the Royal Shakespeare Company; and Lars Romann Engel, Artistic... 2019-01-09T00:00:00Z http://09.edel.univ-poitiers.fr/shakespeare/index.php?id=1508 Couverture http://09.edel.univ-poitiers.fr/shakespeare/index.php?id=1502 Kiki Lindell 2018-12-23T00:00:00Z http://09.edel.univ-poitiers.fr/shakespeare/index.php?id=1502 Adaptation from Screen to Stage? Branagh’s Olive Groves, Puskás’s Orangery and Shakespearean Rhizomatics http://09.edel.univ-poitiers.fr/shakespeare/index.php?id=1500 Gabriella REUSS À partir des critiques théâtrales et des commentaires de forums en ligne concernant le film de Kenneth Branagh (1993) et la mise en scène de Tamás Puskás (Théâtre Central, Budapest, 2015), cet article montre que les spectateurs hongrois ont tendance à identifier le film de Branagh avec « l’original shakespearien ». Leur admiration envers Branagh/Shakespeare a créé un culte qui rappelle le culte de Shakespeare à l’époque de Garrick. Ces fans de Shakespeare vu au prisme de Branagh ont tendance à privilégier des mises en scène traditionnelles (comme celle de Puskás) plutôt que des adaptations scéniques plus inventives pour la simple raison qu’elles recréent l’atmosphère et la mémoire du film. L’inventaire des critiques et des commentaires montre que la mise en scène tout autant que le film et les habitudes de consommation du corpus shakespearien sont plus générationnelles que l’on pourrait le penser de prime abord. Cet article analyse le succès de cette mise en scène en utilisant des notions élaborées par Zoltán Márkus (l’hybridité) et Douglas Lanier (le développement rhizomatique) pour qualifier la réception du corpus shakespearien à notre époque. 2018-12-18T00:00:00Z http://09.edel.univ-poitiers.fr/shakespeare/index.php?id=1500 Costume drama: Margaret, Innogen, and the problem of Much Ado About Nothing in modern performance http://09.edel.univ-poitiers.fr/shakespeare/index.php?id=1497 Michael DOBSON Cet article montre que, malgré l’habileté que Shakespeare déploie à retravailler les sources narratives bien connues qui parcourent la trame principale de Much Ado about Nothing et malgré la réputation qu’a cette pièce d’être la comédie la mieux construite lui permettant d’être en phase avec toutes les époques, elle présente trois problèmes sans doute insolubles pour les metteurs en scène de notre temps. Le premier concerne les mœurs amoureuses qui n’ont plus cours parmi les spectateurs occidentaux, ce qui a conduit certains metteurs en scène à situer la pièce dans un cadre passéiste aux tonalités pittoresques et insouciantes – stratégie qui transforme l’intrigue concernant la diffamation de Hero, exposé délicat sur les périls encourus lors d’un mariage dans une société patriarcale, en une histoire inoffensive et sans doute même, nostalgique. Le problème suivant est le traitement de Margaret, la servante qui accepte de revêtir les vêtements de Hero et de se tenir avec Borachio à la fenêtre de Hero la veille de son mariage : seul un décentrement efficace de l’attention des spectateurs peut leur permettre de ne pas remarquer l’incohérence du comportement de Margaret et l’empressement surprenant avec lequel elle est acquittée. Enfin, le personnage fantôme d’Innogen, la mère de Hero à qui Shakespeare n’a pas donné de réplique, ne fait que mettre en lumière ces problèmes. En conclusion, l’article se penche sur une mise en scène moderne qui essaie, dans une certaine mesure, de la réintroduire. 2018-12-18T00:00:00Z http://09.edel.univ-poitiers.fr/shakespeare/index.php?id=1497 Cahiers Shakespeare en devenir, numéro 14 Roméo et Juliette, de la page à l’image / Romeo and Juliet, From Page to Image http://09.edel.univ-poitiers.fr/shakespeare/index.php?id=1495 FrançaisLe mythe de Roméo et Juliette n’a, dit-on, de secret pour personne. Parmi les œuvres du canon shakespearien, il s’agit d’une des tragédies les plus connues, les plus jouées et les plus adaptées. Les auteurs de la scène contemporaine qu’ils soient illustrateurs, musiciens, interprètes, scénographes, romanciers, comédiens, conteurs, youtubers, performers ou dramaturges (entre autres) se sont emparés de la trame narrative pour en réinventer le(s) sens et tenter de comprendre, par les sous-entendus et les images qu’elle véhicule, son actualité, les passions intemporelles qu’elle suscite et la raison de sa célébrité.Dans le cadre de cet ouvrage, on s’intéressera aux adaptations filmiques (Romeo+Juliet, Shakespeare in Love, West Side Story, Gnomeo & Juliet), aux réécritures théâtrales (Cyrano de Bergerac, la Petite Histoire, Romanoff & Juliet) et à leurs expressions esthétiques (théâtre de rue, installations, performances) ; aux adaptations jeunesse (Shakespeare for Kids ; Romeo and Juliet for Kids) et aux jeux de société, PC ou vidéo (Shakespeare, « The Chronicles of Romeo and Juliet », « Romeo vs Juliet »), aux BD et manga (les éditions abondent), aux contes pour enfants et aux animations didactisées sur le Web, notamment à destination d’un public adolescent (Animated Shakespeare, GCSE Romeo and Juliet ; Juliette et Romeo au baccalauréat), aux projets de créateurs et de designers (Shakespeare’s Globe Costume Design for Romeo and Juliet), aux photographies et poste... 2018-12-18T00:00:00Z http://09.edel.univ-poitiers.fr/shakespeare/index.php?id=1495 Bodily Exultation on Screen: Branagh’s Aesthetics of Sensuality in Much Ado About Nothing (1993) http://09.edel.univ-poitiers.fr/shakespeare/index.php?id=1499 Pascale Drouet Cet article s’intéresse à la présence du corps, plus particulièrement à son expressivité jubilatoire, dans l’adaptation cinématographique que Branagh fait de Much Ado About Nothing en 1993. Y est analysée l’esthétique de la sensualité que crée le cinéaste à l’aide de plans rapprochés, de plans alternés, de ralentis et de fondu-enchaînés, et que renforcent le motif baroque de l’eau et son symbolisme – absents de la pièce de Shakespeare. Il s’agit également de montrer comment cette esthétique s’enrichit de références artistiques variées, telles que la peinture (Les hasards heureux de l’escarpolette), l’opérette (Véronique) et la comédie musicale (Singin’ in the Rain), créant ainsi un jeu d’écho, un effet de palimpseste qui donne davantage de relief à la jubilation des corps – tout en introduisant une certaine ironie. 2018-12-18T00:00:00Z http://09.edel.univ-poitiers.fr/shakespeare/index.php?id=1499 Whistling in the Graveyard? Or why did the Communists make four films of one Shakespeare play in four decades? http://09.edel.univ-poitiers.fr/shakespeare/index.php?id=1498 Ronan PATERSON En Union Soviétique, les pièces de Shakespeare furent plus célébrées que nulle part ailleurs au monde. Des théâtres situés sur toute l’étendue de ce vaste pays montaient fréquemment les comédies et les tragédies. Mais au cinéma, bien qu’il y ait eu certains films d’après des pièces de Shakespeare, à de rares exceptions près, les pièces choisies furent les comédies. Cela allait à l’encontre des choix filmiques dans le reste du monde où la grande majorité des films étaient les tragédies. Une pièce en particulier fut filmée plus que d’autres, Much Ado About Nothing. En Russie, il y eut trois films de Much Ado en vingt-trois ans, et lorsqu’un quatrième film, venant de l’Allemagne de l’Est, fut fait, Much Ado représenta alors une proportion significative de la production shakespearienne de l’ancien Bloc Soviétique. Pourquoi cette pièce a-t-elle été choisie ? Et non pas Twelfth Night, A Midsummer Night’s Dream ou As You Like It ? L’auteur examine les films soviétiques de 1956 et 1973, le film est-allemand de 1983 ainsi que la version russe de 1983 et cherche à expliquer pourquoi cette pièce-ci a tant fasciné les producteurs du Bloc Soviétique. 2018-12-18T00:00:00Z http://09.edel.univ-poitiers.fr/shakespeare/index.php?id=1498 Much Ado About Nothing: Save Innogen, and Banish the Sentimentalists’ Claudio! http://09.edel.univ-poitiers.fr/shakespeare/index.php?id=1486 Cedric WATTS Alors que Shakespeare a inclus Innogen, la mère de Hero, dans Much Ado About Nothing, les responsables de publication (des hommes pour la plupart) l’ont fréquemment exclue du texte. Elle ne dit rien, mais les personnages silencieux peuvent néanmoins être éloquents (telle la Lavina interprétée par Vivien Leigh dans Titus Andronicus, Stratford-upon-Avon, 1955). En excluant Innogen, les éditeurs ont augmenté et confirmé inconsciemment l’impact du chauvinisme dans Much Ado. Ils ont aussi cherché à faire de Claudio un personnage compatissant selon les conventions, allant à l’encontre de l’intention de Shakespeare d’en faire un personnage indifférent, contrairement aux conventions. 2018-12-13T00:00:00Z http://09.edel.univ-poitiers.fr/shakespeare/index.php?id=1486 Much Ado about a Spider: Much Ado About Nothing in Polish and International Theatre Posters of the 20th and 21st Centuries http://09.edel.univ-poitiers.fr/shakespeare/index.php?id=1492 Sabina LASKOWSKA-HINZ Much Ado About Nothing semble être un amalgame de divers ingrédients qui avaient cours à la Renaissance : masques, vertu méprisée, colère paternelle, nature féminine indomptée ou calomnie vénéneuse. Ces éléments, présents également dans d’autres pièces de Shakespeare et auxquels s’ajoutent des innovations de l’auteur, proposent aux spectateurs une comédie particulière composée d’une double intrigue, sombre et légère à la fois. Elle inclut une palette surprenante de masques, d’accessoires décoratifs, de cœurs brisés et de Cupides malicieux, d’oreilles rouges et de serpents verts. Ces différentes paires opposées forment des motifs conventionnels – « les images scéniques » selon James Black –, devenant source d’inspiration pour les artistes qui créent les affiches théâtrales. Le plus souvent, ces artistes espèrent aiguiser l’appétit des spectateurs et les aider à imaginer ce qu’ils pourraient ressentir durant la représentation. Cependant, certaines affiches n’expriment pas un message clair. Ce fut le cas pour l’œuvre de Lex Drewinski réalisée en 2008 pour le Théâtre Wybrzeże de Gdansk. Cette affiche minimaliste avec une araignée noire représentée en bas à gauche sur fond rouge-sang stimule d’emblée l’imagination, provoquant une réflexion sur son message profond. L’araignée est une source fertile de signifiants symboliques associés à des phénomènes aussi bien positifs que négatifs : créativité, protection, bien-être d’une part, ou bien fourberie, imbroglio, illusion, d’autre part. On peut l’analyser selon deux perspectives : dans un contexte de traditions iconographiques et livresques de la Renaissance ou bien dans la culture moderne sous tous ses aspects : Spiderman, l’allié de Voldemort (Harry Potter), l’angoisse de Sam (Le Seigneur des anneaux) ou la cause d’effroi irrationnel. Une telle affiche peut être une source d’interprétation dont la richesse dépend uniquement de la culture et de la fantaisie de ceux qui la regardent. Cet article explore le rapport entre le texte de la comédie shakespearienne et l’affiche de Lex Drewinski. La méthode d’analyse convoquée est celle des historiens de l’art qui cherchent à identifier l’origine des idées. L’objectif de cet article est d’analyser l’influence d’images indépendantes et quasi-commerciales telles que celle de Lex Drewinski sur notre perception du texte shakespearien. 2018-12-13T00:00:00Z http://09.edel.univ-poitiers.fr/shakespeare/index.php?id=1492 The Duchess of Malfi http://09.edel.univ-poitiers.fr/shakespeare/index.php?id=1484 Estelle RIVIER-ARNAUD Poster of the RSC productionHelen Maybanks © RSCEn cet été 2018, une majorité de tragédies sont programmées dans les théâtres de Stratford-upon-Avon, mais celle qui est de loin la plus sanguinaire est une pièce qui fut écrite par John Webster en 1612 (jouée pour la première fois en 1614), The Duchess of Malfi (traduite tantôt par La Duchesse d’Almafi, tantôt par La Duchesse de Malfi dans les éditions de langue française1). L’intrigue en quelques lignesL’histoire se déroule en Italie, à Almafi naturellement, mais aussi à Rome, à Loreto et à Milan. Les scènes ont principalement lieu en intérieur, dans les appartements privés de la Duchesse. Cette dernière, dont le prénom n’est jamais mentionné, est veuve, et ses frères, Ferdinand et le Cardinal, lui interdisent de se remarier. Ils entendent ainsi préserver la réputation de leur maison. Si la confrontation est brève dans l’économie de la pièce, sa force résonne dans l’œuvre toute entière. La parole y est incisive, et si les raisons de l’interdiction ne sont jamais clairement énoncées, on comprend aussitôt que les sentiments des frères pour leur sœur sont ambigus, peut-être même de nature incestueuse en ce qui concerne Ferdinand :Ferdinand You are my sister;[showing his dagger.] This was my father's poniard, do you              see? I'd be loath to see't look rusty, 'cause 'twas his. I would have you to give o'er these chargeable revels:A visor and a mask are whispering-rooms That were ne’er built for goodness. Fare ye well—An... 2018-12-13T00:00:00Z http://09.edel.univ-poitiers.fr/shakespeare/index.php?id=1484