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Représentation d’une origine assertive indéterminée dans les textes de presse en anglais et en français

frPublié en ligne le 15 octobre 2015

Par Sylvie HANOTE

Résumé

Dans cet article, nous nous proposons d’étudier les divers moyens de représentation d’une origine assertive indéterminée dans les textes de presse. Après avoir posé la distinction que nous faisons entre origine assertive et origine énonciative, nous nous efforcerons de montrer quels sont les moyens linguistiques de mise en place d’une origine assertive déterminée dans un corpus de textes journalistiques divers. Nous nous pencherons ensuite plus particulièrement sur la mise en place d’une origine assertive indéterminée (cas du conditionnel journalistique par exemple). Enfin, nous verrons dans quelle mesure les cas où l’origine assertive est indéterminée peuvent encore être envisagés comme des phénomènes de discours rapporté, ce qui nous amènera à soulever le problème des limites du discours rapporté.

La poignée de main a été longue et chaleureuse... Les chefs de gouvernement se sont refusés à tout commentaire mais on s’autorise à penser dans les milieux autorisés qu’un accord secret pourrait être signé prochainement entre les deux pays. (Coluche)

1Le problème que nous nous proposons de soulever ici est celui de la mise en place d’une origine assertive indéterminée dans les textes de presse.

2La presse est particulièrement riche en ce qui concerne les différents types de mises en discours. La mise en place de la dissociation entre origine assertive et origine énonciative y est très variée ; elle peut être soit très explicite (un certain nombre de marqueurs de repérage par rapport à l’une ou l’autre de ces origines est alors présent), soit au contraire très peu explicite comme nous allons le voir dans la suite de cette étude.

3Nous nous sommes appuyée essentiellement sur deux types de textes :

4– d’une part des articles du Monde Diplomatique de janvier à juin 1998 ;

5– d’autre part les textes A à C de Brown 1 et Lob 1 issus du corpus informatisé Bergen. Ce sont des textes extraits de la presse, les textes A étant de type Reportage, les textes B réunis sous la rubrique Editorial et les textes C du type Reviews.

6Dans un premier temps, et pour poser le cadre de notre étude, nous nous proposons de revenir sur les concepts d’origines énonciative et assertive. Dans un deuxième temps, nous verrons rapidement à travers quelques exemples quels sont les moyens de mise en place d’une origine assertive déterminée dans les textes de presse puis nous nous attarderons plus particulièrement sur les cas où la mise en place de l’origine assertive est indéterminée. Enfin, en conclusion, nous soulèverons la question de savoir si les cas de figure où l’origine assertive est indéterminée peuvent être envisagés comme des cas particuliers de discours rapporté.

Qu’est-ce qu’une origine assertive ?

7Les sujets énonciateurs, paramètres essentiels de l’énonciation

8Toute activité énonciative comporte deux aspects liés entre eux :

9– d’une part, l’énoncé est construction de valeurs référentielles ;

10– d’autre part, cette construction de valeurs référentielles qu’est un énoncé est nécessairement assertée avec une certaine valeur modale.

11L’énonciateur, paramètre essentiel du fonctionnement linguistique, ne va pas avoir le même statut selon qu’il est le « paramètre intervenant dans la construction des valeurs référentielles » ou le « support des opérations de modalisation ». Ainsi, et à la suite de Jenny Simonin (1984(a)), nous proposons de poser la dissociation entre énonciateur et asserteur (ou locuteur chez J. Simonin).

Dissociation origine assertive / origine énonciative

12Dans la plupart des cas, sujets énonciateur et asserteur sont identifiés mais il existe des formes qui ne peuvent s’expliquer que par la dissociation de ces paramètres. C’est le cas dans le discours rapporté mais c'est aussi le cas lorsque l’origine assertive est indéterminée. C’est ce dernier cas de figure qui va nous intéresser plus particulièrement ici. Dans les deux cas, il y a donc dissociation énonciateur / asserteur :

13L’énonciateur est le support des valeurs référentielles de l’énoncé. Il est noté S0. Il est un paramètre de la situation d’énonciation, indissociable du co-énonciateur et c’est en fonction de ce couple (énonciateur / co-énonciateur) que vont se construire les énoncés. En effet, l’énoncé ne peut prendre de valeurs référentielles qu’à travers des systèmes de repérage et par rapport aux points d’ancrage que pose la situation d’énonciation, c’est-à-dire le sujet énonciateur, le moment d’énonciation, etc.

14L’asserteur en revanche est le support des opérations de modalisation de l’énoncé. Il est noté S1. Il est plus précisément celui qui prend en charge les énoncés ; il est le « support des modalités qui « qualifient » au sens large le contenu propositionnel (le « dictum ») des énoncés »1.

15Dans les cas où il y a dissociation entre S0 et S1, il existe différents types de repérage : soit le locuteur est différent de l’énonciateur, mais repéré par rapport à lui, soit il est en rupture totale avec ce dernier. En utilisant les paramètres définis ci-dessus, et en nous appuyant sur les travaux d’Antoine Culioli, nous représenterons ces différentes relations de la façon suivante :

16– S1 S0 (S1 est différent mais repéré par rapport à S0) <=> Tu dis : « ... »

17– S1 S0 (S1 est en rupture avec S0) <=> Il dit : « ... »

18Nous nous retrouvons donc face à deux niveaux d’énonciation différents2 :

19– le niveau de l’énonciation origine Sit0 (S0 ; T0),

20– le niveau de l’énonciation rapportée Sit1 (S1 ; T1).

Récapitulatif des différents paramètres de l’énonciation :

21– Sit0 (S0 ; T0) réfère à la situation d’énonciation origine :

22– S0 réfère à l’énonciateur, paramètre intervenant dans la construction des valeurs référentielles ;

23– S0 ’ réfère au co-énonciateur, paramètre inséparable de S0 ;

24– T0réfère au moment de l’énonciation.

25– Sit1 (S1 ; T1) renvoie à la situation d’assertion :

26– S1 renvoie au sujet asserteur, support des opérations de modalisation ;

27– T1 renvoie au moment d’assertion.

28– Sit2 (S2 ; T2) représente lasituation repère de l'événement auquel on se réfère :

29– S2 fait référence aux « personnes » dans l’énoncé3 ;

30– T2 fait référence au moment de l’événement construit dans l’énoncé.

31Tous ces paramètres sont abstraits et se situent au niveau métalinguistique. Ils permettent de mettre en évidence les différents plans d’énonciation. Ce sont des représentations créées par le linguiste pour expliquer un certain nombre de phénomènes. Ils ne sont là qu’en tant qu’outils permettant de mettre en lumière les divers calculs de repérage.

Mise en place d’une origine assertive déterminée dans les textes de presse

Présence d’un verbe introducteur de discours

32Comme nous l’avons souligné plus haut, dans les textes de presse, il y a de nombreux exemples dans lesquels l’origine assertive est non seulement explicitement construite comme dissociée de S0 mais également identifiable et identifiée dans le co-texte, c’est-à-dire qu’il existe un terme, ou plusieurs, dans l’énoncé (ce pourra être par exemple le sujet syntaxique du verbe introducteur du discours rapporté) qui est le marqueur d’un type de repérage particulier entre S1 et S0 (relation ou ).

(1) Doctors at the hospital said he was partially paralyzed on the right side.
(BR A19 0770-80)

33Dans cet énoncé par exemple, on a d’une part, T1 T0 (marqueur -ed). D’autre part, le sujet syntaxique du verbe say (ST1) est le marqueur d’une relation de repérage entre S0 (origine énonciative) et S1 (origine assertive) et ce repérage est de type (rupture). Ainsi, dans cet exemple, l’origine assertive est d’une part explicitement construite comme dissociée de S0, mais elle est également identifiable référentiellement : c’est un exemple de discours rapporté explicite (discours indirect).

Présence de guillemets

34La presse utilise beaucoup les guillemets comme moyen de signalisation du rattachement de propos à une source assertive S1 dissociée de S0, ce qui permet bien évidemment au journaliste de citer et donc de se démarquer de façon explicite des propos cités.

(2) Pour le président William Clinton, cette crise financière n'était qu'un « petit accident de parcours ».
LE MONDE DIPLOMATIQUE, FÉVRIER 1998,« Les remèdes absurdes du FMI », par Ibrahim Warde

(2’) For President Bill Clinton, this financial crisis was just « a glitch on the road ».
LE MONDE DIPLOMATIQUE , February 1998, « Muddled measures by the IMF », par Ibrahim Warde

35Dans cet exemple, l’origine assertive peut être reconstruite grâce au co-texte (Pour / For + nom propre) mais ce sont les guillemets qui sont les marqueurs explicites de la dissociation entre S0 et S1 et donc du changement de prise en charge des termes entre guillemets. On le voit d’ailleurs nettement si on fait une manipulation sur ces énoncés et qu’on enlève les guillemets (cf. énoncés 2’’ et 2’’’). Le changement de prise en charge n’est alors plus explicite4.

(2’’) Pour le président William Clinton, cette crise financière n'était qu'un petit accident de parcours.

(2’’’) For President Bill Clinton, this financial crisis was just a glitch on the road.

Présence de « formes hybrides » (Françoise Atlani, 1981, p. 107)

36Ces formes sont dites hybrides car elles ont certaines caractéristiques formelles propres au discours indirect classique (verbe introducteur + that / que) associées à d’autres caractéristiques propres au discours direct (le discours rapporté, ou une partie du discours rapporté, est mis entre guillemets).

37Nous avons trouvé beaucoup d’énoncés de ce type dans la version anglaise du Monde Diplomatique. Ils sont moins nombreux dans la version française. En tout cas, ils ne fonctionnent pas tout à fait de la même façon en anglais et en français. Arrêtons-nous un instant sur les énoncés suivants :

(3)In France, the chairman of the National Assembly's Foreign Affairs Committee, Jack Lang, the person most directly involved, admitted in December 1997 that « we do not know who is negotiating what in the name of whom ».
LE MONDE DIPLOMATIQUE, February 1998, « A dangerous new manifesto for global capitalism. », par Lori M. Wallach

(3’)En France, le président de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale, M. Jack Lang, pourtant directement concerné, déclarait en décembre 1997 : « Nous ignorons qui négocie quoi au nom de qui ».
LE MONDE DIPLOMATIQUE, FÉVRIER 1998, « Le nouveau manifeste du capitalisme mondial »

38Là où l’anglais a une construction hybride, le français a recours à un discours direct explicite et la construction hybride est difficilement acceptable en français :

(3’’) ? En France, le président de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale, M. Jack Lang, pourtant directement concerné, déclarait en décembre 1997 que « nous ignorons qui négocie quoi au nom de qui ».

39Dans cet exemple en effet, les marqueurs de personne et de temps dans l’énoncé entre guillemets sont difficilement compatibles avec le contexte introducteur. Il faut donc pour que l’énoncé redevienne parfaitement acceptable avoir recours à une véritable coupure entre le discours rapportant et le discours rapporté, c’est-à-dire la mise en place de discours direct.

40De même, dans l’exemple suivant, le français et l’anglais utiliseront deux stratégies fort différentes pour rendre le discours de L. Faircloth. Dans l’exemple français, on ne peut se passer du passage au discours direct lorsque le pronom personnel de première personne du pluriel apparaît. En anglais en revanche, la construction hybride fonctionne parfaitement bien.

(4) Ainsi, M. Lauch Faircloth, sénateur républicain de la Caroline du Nord, tonne contre « l'ère des opérations internationales de sauvetage financier à répétition, qui met fin au fonctionnement des marchés dans le domaine financier », ajoutant : « Nous sommes en train de privatiser les profits et de socialiser les pertes. »
LE MONDE DIPLOMATIQUE, FÉVRIER 1998, « Les remèdes absurdes du FMI », par Ibrahim Warde

(4’) Lauch Faircloth, Republican senator for North Carolina, complains that « The free market is no longer at work in the field of international finance. We have privatised the gains and socialised the losses ».
LE MONDE DIPLOMATIQUE, February 1998, « Muddled measures by the IMF », par Ibrahim Warde

41Ainsi, les cas où la construction hybride est possible en français (cf. exemples ci-dessous) sont ceux où il y a en quelque sorte continuité entre la partie à gauche et celle à droite des guillemets (absence de pronoms personnels, compatibilité du temps des verbes, etc.)...

(5) Mme Nonna Mayer, politologue, souligne ainsi que, en 1997, « quels que soient l'âge, la pratique religieuse ou les opinions sur l'égalité des sexes, la différence se maintient, indice d'un refus féminin spécifique de l'extrémisme politique ».
LE MONDE DIPLOMATIQUE, MAI 1998, « Les femmes font de la résistance... », par Janine Mossuz-Lavau

(5’) Nonna Mayer, a political analyst, points out that in 1997, « whatever the age, religious faith or opinion on equality of the sexes, the difference remains, an indication that women specifically reject political extremism ».
LE MONDE DIPLOMATIQUE, May 1998, « The women who resist »., par Janine Mossuz-Lavau

42... et ceci même si le verbe introducteur n’est pas véritablement un verbe de discours. C’est ce qui se passe dans l’exemple ci-dessous où dispose n’est pas un verbe de discours :

(6)Cette Charte dispose en effet que « chaque nation a le droit inaliénable de réglementer les investissements étrangers et d'exercer son contrôle sur les investissements (4) ».
  (4) Résolution de l'Assemblée générale des Nations Unies, n° 3281 (XXIX) du 12 décembre 1974.
LE MONDE DIPLOMATIQUE, MARS 1998, « Un verrou juridique contre les Etats », par Nuri Albala

(6’) The Charter actually provides that every state has the inalienable right to regulate foreign investment within its national jurisdiction and to control investment (4).

   (4) United Nations General Assembly Resolution N° 3281 (XXIX) of 12 December 1974.
LE MONDE DIPLOMATIQUE, March 1998, « Shackling the state », par NURI ALBALA, Translated by Julie Stoker

43Les guillemets, associés à un verbe qui n'est pas vraiment un verbe de discours, sont donc possibles dans la version française alors qu’ils nous semblent difficilement acceptables en anglais : *The Charter actually provides that « every state... »5.

44Dans tous les exemples ci-dessus, la présence des guillemets a marqué de façon explicite, nous semble-t-il, la dissociation entre deux sources S0 et S1 et a permis de repérer la partie de l’énoncé entre guillemets par rapport à ce S1.

45Ainsi, dans tous les exemples étudiés dans cette partie, non seulement l’origine assertive est explicitement construite comme dissociée de S0 mais elle est également identifiable et identifiée dans le co-texte (noms propres). Les marqueurs de discours sont en effet très explicites (présence d’un verbe introducteur), voire redondants (présence de that / que + guillemets)6. Dans tous les cas, la présence de ces différents marqueurs fait que l’origine assertive est chaque fois explicitement identifiable pour le lecteur. Ainsi, grâce à la présence de ces divers marqueurs, le journaliste prend ses distances par rapport aux propos cités.

46Nous venons donc de voir l’importance des guillemets en tant que marqueur explicite de dissociation entre les deux origines (assertive et énonciative) et qui, lorsqu’ils sont utilisés conjointement avec un S1 identifié référentiellement dans l’énoncé, permettent la mise en place d’une source assertive parfaitement déterminée. C’est pourquoi on trouve souvent des guillemets dans des articles « polémiques » dans lesquels le journaliste, de façon particulièrement explicite, « rend à César ce qui est à César ». C’est alors un jeu de mises entre guillemets comme le montre l’exemple suivant :

(7) Still deluded by Charles de Gaulle's notion of« a certain idea of France »,Cohen believes France is a country that « sits in concrete »,a place of « internal paralysis » that is « threatened by innovation », where entrepreneurship is strongly discouraged, where « technocrats… appear overtaken by the global economy » and where unions, « parading the rags of an exhausted socialist dream… seem equally fossilised ».
LE MONDE DIPLOMATIQUE, April 1998, « France, an unforgivable exception », par Thomas C. Frank

47Cependant, et nous allons le voir dans la suite de cette étude, les guillemets seuls ne suffisent pas à marquer la mise en place d’une source assertive déterminée, dissociée de S0. Seule la concordance de plusieurs marqueurs (guillemets, verbe introducteur de discours, etc.) le permet.

Mise en place d’une origine assertive indéterminée

48La presse regorge d’exemples dans lesquels l’origine assertive est indéterminée puisque ce moyen linguistique permet au journaliste de « dire sans prendre en charge ce qu’il dit ». (Nous entendons « prendre en charge » au sens de « dire ce qu’on croit (être vrai) », cf. A. Culioli, 1978(a) p. 184). Ainsi le journaliste pourra par exemple avancer une nouvelle officieuse (et donc douteuse) ou qu’il tient à présenter comme telle. Voyons dans cette troisième partie quels sont les types de mise en place d’une origine assertive indéterminée dans les textes de presse.

49En français, on et la marque du conditionnel :

(8) Malgré cela, on estime qu'environ 250 millions d'enfants travaillent, dont les plus jeunes n'ont pas cinq ans... Si le plus grand nombre d'entre eux se trouvent dans les pays pauvres du Sud, beaucoup sont exploités dans les Etats du Nord. Dans l'ensemble de l'Union Européenne leur nombre dépasserait les deux millions...
LE MONDE DIPLOMATIQUE, JANVIER 1998, « Enfances fracassées », par Ignacio Ramonet

(8’) Despite this, it is estimated that around 250 million children are at work today, of whom the youngest are below the age of five... Although most of them are to be found in the poor countries of the South, there is also considerable exploitation in the countries of the North. In the European Union, it is estimated that there are over two million working children - not least in those areas of Europe affected by radical free-market restructuring, like the United Kingdom in the 1980s.
LE MONDE DIPLOMATIQUE, January 1998, « Broken childhoods », par Ignacio Ramonet

50On, en tant que sujet syntaxique du verbe estimer, ne renvoie à aucun représentant spécifique dans le co-texte. Il n’a pas de valeur référentielle construite dans le texte. Il est le marqueur ici :

51– d’une part de la construction d’une origine dissociée de S0 ;

52– et d’autre part d’un autre type de repérage entre S1 et S0 que ceux que nous avons vus en introduction.

53De même, la marque du conditionnel sur le verbe dépasser permet de construire la dissociation entre T0 et une origine assertive T1 non identifiable dans le co-texte ; elle est dite « indéterminée » mais elle est néanmoins construite comme origine de la prise en charge de la relation prédicative <le nombre d’enfants qui travaillent / dépasser les deux millions>. De même que précédemment, nous n’avons donc pas affaire ici à un repérage de type ni ,mais à un autre type de repérage.

54Il est possible de rendre compte de ce type de fonctionnement à l’aide des concepts élaborés par A. Culioli7 de repère origine fictif et de repérage fictif.

55Il s’agit de la construction, à partir de Sit0, d’un nouveau repère dit « repère-origine fictif » et noté Sit01. Ainsi, « en construisant Sit01, S0 pose la relation prédicative comme validable », c’est-à-dire que la relation « peut être validée pourvu qu'il y ait un énonciateur pour effectuer l'opération »8.

56Dans les deux cas, la validation de la relation prédicative est donc suspendue. Et même si dans le cas du conditionnel, il n’y a pas construction explicite d’une dissociation explicite entre énonciateur et asserteur car il n’y a pas de prédicat de dire construit dans l’énoncé, néanmoins « l’utilisation du conditionnel révèle la construction par le sujet énonciateur d’une situation d’énonciation fictive »9.

57Ces deux marqueurs (le pronom on et le conditionnel) sont donc caractéristiques de la mise en place d’un repérage origine fictif Sit01 (S01 ; T01) issu d’un repérage fictif par rapport à Sit0. Il est d’ailleurs fréquent de les trouver utilisés conjointement comme dans l’exemple (8).

58En anglais...

59Nous venons de voir ci-dessus que, dans les cas où la source assertive est indéterminée, le français a recours au pronom on ou à la forme conditionnelle. D’après l’étude de notre corpus, l’anglais, de son côté, aura recours presque exclusivement à des formes passives sur les prédicats say, estimate, report, announce (et quelques autres prédicats minoritaires) selon deux types de constructions :

60– ST2 / prédicat de dire à la forme passive / to V (la passivation) :

(9) At least 20 other Americans were reported to have been arrested in a mass political roundup. Among them were a number of newsmen, including Henry Raymont, of United Press International, and Robert Berrellez, of Associated Press.
(BR A21 1770-800)

61It / prédicat de dire à la forme passive / that.... (l’extraposition) :

(10) At that election, it was said again and again that young people were deserting the left. But this trend towards the right was led by men rather than women.
LE MONDE DIPLOMATIQUE, May 1998, « The women who resist », par Janine Mossuz-Lavau

62Dans les exemples (9) et (10), la source assertive est évacuée. Avec ce type de construction, on a en effet bien un « dire » localisé dans le temps, mais l’agent du procès de dire n’est pas explicité dans le co-texte (le prédicat de dire est en effet à la forme passive). Ce type de construction permet donc de construire une origine assertive dissociée de l’origine énonciative mais cette nouvelle origine n’est pas déterminée dans et par le co-texte. Elle n’est pas identifiée référentiellement.

63Dans la plupart des exemples rencontrés dans notre corpus, elle ne réapparaît pas dans l’énoncé. Nous avons alors affaire à une indétermination maximale. Cependant, la source assertive peut être aussi « réintroduite » :

64– soit, dans l’exemple suivant par une forme adverbiale (officially) :

(11)But it was stated officially that there are no thoughts of evacuation unless the situation deteriorates seriously.
(LOB A21 65-6)

65– soit par le biais d’un repérage explicite (sous la forme de ce qui est traditionnellement appelé complément d’agent by...) comme dans l’exemple ci-dessous :

(12) It is said by some that he is a saint ; by others that he is a prophet.(LOB B04 168-9)

66Il nous semble cependant que la réapparition de l’agent du procès de dire dans ces deux derniers exemples ne lève en aucun cas de l’indétermination sur la source assertive. Il s’agirait plutôt d’une qualification de la source assertive que de l’introduction réelle d’une source assertive déterminée. En effet, dans l’exemple (11), l’adverbe officially ne permet pas de flécher une source assertive qui serait « les autorités » mais plutôt de dire que la nouvelle est « de source sûre ». De même, dans l’énoncé (12) la réintroduction du complément d’agent (by some ; by others) permet seulement d’introduire deux points de vue différents et donc d’opposer deux opinions. L’effet de sens de (12) étant contraire à celui de (11), c’est-à-dire que en (11), on a une source qui se veut sûre alors qu’en (12), la mise en balance de deux opinions contraires rend l’annonce douteuse.

67Dans ce type d’énoncés (exemples (9) à (12)), on a donc :

68– d’une part un décrochage sur les T ;

69– d’autre part, sur les S, la construction d’une origine dissociée de S0 qui est non identifiable mais est fondamentale puisqu’elle sert de point de vue sur la relation prédicative.

70Il semble qu’on a donc bien ici encore la mise en place d’un repère fictif Sit01 * Sit0.

Autre type de marqueurs : les guillemets

71Nous avons vu dans notre première partie des cas où les guillemets, associés à d’autres marqueurs, permettaient de construire une source assertive déterminée. Nous allons maintenant voir des cas où les guillemets ne sont associés à aucune source assertive :

(13)Le 4 février dernier, le Royaume-Uni adopte un nouveau système de comptabilisation des demandeurs d'emploi et en « découvre » 500 000 de plus que la veille. Le taux de chômage britannique passe ainsi de 5 % de la population active à 7 %. [...] Une méthode imparable pour obtenir de« bons » chiffres, qui rappelle celle des Pays-Bas où l'on ne recense officiellement que 6 % de chômeurs. [...]
LE MONDE DIPLOMATIQUE, AVRIL 1998, « Faux emplois et vrai chômage », par Anne-Cécile Robert

(14)Les rappels incessants de ses dirigeants à la seconde guerre mondiale, les « dérapages » qui n'en sont pas, la réactivation permanente du thème du « complot juif » participent à la logique négationniste.
Le Monde diplomatique, mai 1998, « Un négationnisme stratégique », par Valérie Igounet

72Dans les deux exemples ci-dessus, la dissociation entre S1 et S0 est explicite puisque les guillemets eux-mêmes (en tant que marqueurs typographiques du discours cité) sont des marqueurs de cette dissociation mais la source assertive n’est pas réellement toujours identifiable. En tout cas, elle n’est pas construite dans le co-texte.

73Dans l’exemple (13), il y a mise en valeur des termes découvre et bons par le biais des guillemets10 qui peuvent être le marqueur, soit du report par S0 de propos préalables, soit d’une simple mise à distance de S0 par rapport aux termes entre guillemets pour montrer qu’il refuse en quelque sorte de les prendre en charge.

74Si l’on admet qu’il s’agit des reports d’une assertion préalable, il faut alors pouvoir reconstruire S1. On peut remonter à « Royaume Uni » dans l’énoncé mais seulement de façon très indirecte nous semble-t-il. Il paraît difficile en effet de considérer Royaume Uni comme S1 des propos mis entre guillemets.

75Nous adhérerions davantage à l’idée qu’il s’agit d’un désengagement de S0, une désassertion de S0 sur les termes entre guillemets :

76– D’une part, le terme bon ne peut être pris en charge par le journaliste. D’après le co-texte en effet, les chiffres présentés par le journaliste n’ont rien de bons.

77– D’autre part, le journaliste ne prend pas en charge le terme découvre car il n’est pas approprié à la situation (qui pourrait en effet « découvrir » du jour au lendemain 500 000 demandeurs d’emploi ?).

78Ainsi, dans cet exemple, les guillemets permettent de construire la dissociation entre l’origine énonciative et une origine assertive distinguée de S0 mais il n’y a pas de prédicat de dire, donc pas de repérage par rapport à un sujet de dire et à un moment de dire. Il nous semble que l’on a donc beaucoup de mal à construire le paramètre S, et encore plus Sit.

79Dans le cas de l’exemple (14), il y a de façon explicite, sous la forme de « rappels incessants de ses dirigeants » un prédicat nominalisé de dire et une source de dire, donc une source assertive déterminée. L’adjectif «  incessants » suppose même des assertions préconstruites Sit1, Sit2, ..., Sitn. Pouvons-nous donc rattacher « dérapages » et « complot juif » à cette source assertive construite ? C’est possible. On aurait alors des termes cités dont la source assertive, dissociée de S0, est explicitement construite dans le co-texte. Mais on peut également avoir une autre lecture de cet exemple et considérer « dérapages » et « complot juif » comme étant en quelque sorte « auto-définis » ; tout lecteur sait de quoi il s’agit. Les guillemets marquent alors deux choses :

80– D’une part un désengagement de S0, son refus de la prise en charge des termes entre guillemets.

81– D’autre part, le fait que les termes soient utilisés tels quels, sans prise en charge de S0, le fait qu’il y ait cette mise à distance explicite des termes qui, par eux-mêmes sont auto-définis, donne un effet de sens du type « jugement de valeur » que l’on pourrait gloser par des soi-disant dérapages, un soi-disant complot juif...

82Nous nous retrouvons finalement dans un cas proche de celui de l’exemple (13) : il y a bien la mise en place d’une dissociation entre S1 et S0, mais pas de construction d’une situation repère avec ses paramètres S et T.

83Si nous manipulons maintenant l’exemple (13) en enlevant les guillemets, nous obtenons l’énoncé (13’) :

(13’)Le 4 février dernier, le Royaume-Uni adopte un nouveau système de comptabilisation des demandeurs d'emploi et en découvre500 000 de plus que la veille. Le taux de chômage britannique passe ainsi de 5 % de la population active à 7 %. [...] Une méthode imparable pour obtenir debons chiffres, qui rappelle celle des Pays-Bas où l'on ne recense officiellement que 6 % de chômeurs. [...]

84En l’absence des guillemets, la dissociation entre S0 et S1 (non construit dans le co-texte) n’est alors plus explicite. L’énoncé n’a plus le même sens : il perd son ironie originale.

85De même, le fait de changer les guillemets de place dans l’exemple (14) peut apporter des changements très importants :

(14’) Les rappels incessants de ses dirigeants à la seconde guerre mondiale, les dérapages qui n'en sont pas, la réactivation permanente du « thème » du complot juif participent à la « logique négationniste ».

86En effet, en (14’), il paraît difficile de soutenir que l’énoncé est tiré du Monde Diplomatique. On penserait plutôt lire un article de National Hebdo.

87Ainsi, ces différentes manipulations montrent que, si l’on n’a pas construction d’un S1 et encore moins d’une Sit1 avec les guillemets seuls, le choix du type de lexème mis entre guillemets oriente cependant l’identification de S1.

Conclusion – à la frontière entre mode de discours et modalité

88Après avoir vu quels sont les marqueurs linguistiques permettant de construire une origine assertive déterminée puis une origine assertive indéterminée dans les textes de presse, nous souhaiterions en conclusion poser la question de savoir si les énoncés dont l’origine assertive est indéterminée peuvent encore être envisagés comme des cas particuliers de discours rapporté ou si l’on passe dans un autre domaine, celui de la modalité épistémique (modalité du non-certain).

89F. Atlani11 considère les énoncés sans origine assertive déterminée comme des cas de discours rapporté à part entière car pour elle, à partir du moment où l’énoncé est présenté par le sujet énonciateur comme n’étant pas produit par lui, on a affaire à du discours rapporté.

90Monique De Mattia au contraire, dans sa thèse sur le discours indirect (M. De Mattia, 1997), envisage ce type d’énoncés comme en dehors des phénomènes de discours rapporté à proprement parler car selon elle, ce n’est alors pas le fait que des propos ont été énoncés qui importe mais les propos eux-mêmes. Ainsi pour les énoncés du type It is said that..., ce serait la proposition extraposée qui constituerait l’information principale et le contexte introducteur pourrait être considéré comme une « expression épistémique »12. Quant aux énoncés du type His condition was reported to be fair, elle souligne que « même si l’énoncé contient un verbe introducteur de DI, nous ne sommes plus dans le domaine du DI proprement dit mais dans celui de la modalisation d’assertion, [et nous sommes proches de la modalité épistémique] »13.

91Il y a là un problème auquel nous allons maintenant tenter d’apporter quelques éléments de réflexion. Ainsi, si nous comparons les exemples suivants :

(1) Doctors at the hospital said he was partially paralyzed on the right side.(BR A19 0770- 80)

(15) It was reported that his condition was fair.

(16) His condition was reported to be fair.
(BR A19 0420)

92Dans le premier exemple, nous sommes bien en présence de discours rapporté classique (DI), nous l’avons vu au tout début de cet exposé, avec un contexte introducteur explicite (construction explicite dans le contexte d’une source assertive S1 dissociée de S0 (S1 S0 et T1 T0)). Dans le discours rapporté le repérage des valeurs référentielles (calcul des temps et des personnes) se fait par rapport à S0 ; en revanche le repérage des modalisations et des aspects se fait par rapport à S1.

93Dans les deuxième et troisième énoncés, il y a également dissociation entre S0 et S1 mais ce S1 n’est pas construit dans l’énoncé. Il s’agit donc, nous l’avons vu également plus haut, d’un autre type de repérage (repérage « fictif ») et il y a effectivement une différence entre la mise en place d’une origine déterminée et les repérages qui se font par rapport à cette origine d’une part, et la mise en place d’une origine indéterminée et les repérages qui se font par rapport à elle d’autre part. Sommes-nous alors encore dans des phénomènes de discours rapporté ?

94Dans l’exemple (15), ce qui est asserté, c’est l’occurrence même d’une énonciation rapportée (« something was reported »), du type ‘on dit que’. On serait donc dans le domaine de « l’assertorique »14, dans le cadre d’un changement de repère (passage de Sit0 à Sit01), la validation de la relation prédicative n’étant plus repérée par rapport à S0 mais mise en suspens au gré d’un autre énonciateur S01, et non dans le domaine de l’épistémique (oscillation entre le certain, le probable, l’improbable, le contingent). Admettre à la suite de M. De Mattia que It was reported est une expression épistémique serait, à notre avis, faire peu de cas du verbe introducteur, de that, etc.

95En ce qui concerne l’énoncé (16), ce qui est prédiqué, c’est en effet, d’après les anglophones interrogés, la valeur de non certain de la relation prédicative <his condition / be fair>. C’est pourquoi avec ce type de structure le fait qu’il s’agisse d’un report de parole semble passer au second plan. Est-ce à dire que nous sommes effectivement ici dans le cadre de la modalité 2 ?

96Il ne nous semble pas et nous prendrons pour support les exemples (17) et (18) dans lesquels il y a, d’une part un prédicat de dire au passif comme dans les exemples (15) et (16), donc construction de Sit1 dissociée de Sit0, mais également des guillemets associés au prédicat de dire :

(17) For a particularly fabulous room which houses a collection of fine English Chippendale furniture, fabric wall panels were embroidered with a typically Chinese-inspired design of this revered Eighteenth Century period. Since the work is done by hand, the only limitation, it is said, « is that of human conception ».
(BR B10 01660-700)

(18) He was taken to University Hospital in a municipal ambulance. Doctors at the hospital said he was partially paralyzed on the right side. His condition was said to be « fair ». Police said he became ill while parked in front of a barber shop at 229 West Pratt street.
(BR A19 0760-800)

97Dans ces deux derniers exemples, la présence des guillemets met en évidence la dissociation entre S0 et S1. Dans l’exemple (17), le prédicat de dire est apposé et est de type générique. La source assertive est totalement évacuée. De même, dans l’exemple (18), la source assertive est évacuée même si elle est récupérable dans un co-texte plus large (Doctors at the hospital). Mais dans un cas comme dans l’autre, la présence des guillemets est le marqueur de la présence d’une origine assertive dissociée de S0 et que les propos sont rapportés. Donc même si S1 est indéterminée, elle reste cependant l’origine du discours rapporté. Ainsi, il nous semble que nous sommes ici dans le mode du discours et non pas dans la modalité 2.

98Nous avons tenté de montrer dans cette étude tout l’éventail possible des différents types de mises en discours sur un support un peu particulier puisqu’il s’agit ici uniquement de textes de presse. Nous avons soulevé la question de la frontière entre mode du discours et modalité épistémique qui reste à approfondir. Il reste également à examiner plus avant le problème des limites de l’utilisation des guillemets en nous posant la question suivante : Peuvent-ils à eux seuls, sans autre marqueur co-textuel, construire une nouvelle source assertive S1 dissociée de S0 ?

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Notes

1 .J. Bouscaren et J. Chuquet, 1987, p. 181.

2 .Les niveaux d’énonciation peuvent encore se multiplier dans des phrases complexes, la seule limite à ce dédoublement de plans d’énonciation étant la compréhension même de l’énoncé.

3 .Au sens de Fuchs et Léonard (1979) : à ne pas confondre avec le sujet syntaxique de l’énoncé, noté ST et qui est le marqueur d'une opération. Si nous prenons l’exemple :
Il dit : « Je vais à Paris demain »
Il (ST1) est le marqueur de la relation suivante : S1 S0
Je (ST2) est le marqueur de la relation suivante : S2 = S1 (S0)

4 .Notons qu’il le serait encore moins si for... / pour...étaient postposés à la principale :
Cette crise financière n'était qu'un petit accident de parcours pour le président William Clinton.
This financial crisis was just a glitch on the road for President Bill Clinton.
Nous n'aurons pas le loisir de nous attarder ici sur ce problème que nous pensons approfondir dans notre thèse.

5 .Notons ici que The Charter actually states that « every state... » semble en revanche fonctionner. Il faudrait voir ce qui différencie ces deux verbes et en quoi l'un serait plus acceptable que l'autre. Nous n'aurons pas l'occasion d'approfondir ce problème ici.

6 .Notons que la présence de ces deux marqueurs (qui sont pourtant les marqueurs de deux types de mise en discours différents (discours direct et indirect)) de façon conjointe était très fréquente en vieil anglais et en ancien français.

7 .A. Culioli, 1978(b), p. 50.

8 .A. Culioli, 1978(a), p. 185.

9 .F. Atlani, 1981, p. 105.

10 .A l’oral, nous aurions probablement une intonation particulière du journaliste sur ces termes.

11 .F. Atlani, 1981, op. cit.

12 .M. de Mattia, 1997, op. cit., p. 209.

13 .M. de Mattia, 1997, op. cit., p. 195.

14 .A. Gauthier, 1977, p. 65.

Pour citer cet article

Sylvie HANOTE (2015). "Représentation d’une origine assertive indéterminée dans les textes de presse en anglais et en français". Cahiers Forell - Formes et Représentations en Linguistique et Littérature - Archives (1993-2001) | La représentation en linguistique et littérature.

[En ligne] Publié en ligne le 15 octobre 2015.

URL : http://09.edel.univ-poitiers.fr/lescahiersforell/index.php?id=358

Consulté le 21/11/2017.

A propos des auteurs

Sylvie HANOTE

Allocataire de Recherche à l’Université de Poitiers. Inscrite en thèse sous la direction de Jean CHUQUET. Titre de la thèse : « Opérations énonciatives et représentation du discours dans les textes en anglais contemporain ». Communications et publications : Hanote, S. (1998) « Peut-on fixer des paramètres utilisables dans l’analyse des niveaux d’énoncés ? Traitement de quelques exemples en anglais contemporain », Communication affichée dans le cadre des Cinquièmes Rencontres de l’Atelier des Doctorants en Linguistique de Paris VII, 4-5 décembre 1998. Chuquet, H. et Hanote, S. « Discours rapporté dans un corpus oral : problèmes de frontière », à paraître dans Les Cahiers FORELL.




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