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« La poupée » ou Paris dans l’imaginaire de Bolesław Prus

frPublié en ligne le 04 février 2015

Par Justyna Bajda

Résumé

L’article présente aux lecteurs la vision de Paris décrite dans le roman de Bolesław Prus La poupée. Un des plus grands écrivains polonais réalistes a créé dans son œuvre célèbre des images précises et colorées, même s’il ne connaissait pas la capitale de la France. Prus a décrit Paris surtout grâce aux nombreux guides. On peut supposer qu’il avait aussi examiné des plans de Paris et étudié attentivement les graphiques disponibles. La ville est visitée par le malheureux héros du roman, Stanisław Wokulski, un noble appauvri qui était parti en France pour oublier le grand amour de sa vie, une aristocrate du nom d’Izabela Łęcka.

Abstract

Artykuł prezentuje czytelnikom wizję Paryża opisanego przez Bolesława Prusa w Lalce. Jeden z największych polskich pisarzy realistów stworzył w swoim słynnym dziele precyzyjne i barwne obrazy, chociaż sam nie znał stolicy Francji. Prus wykreuje przed naszymi oczami Paryż przede wszystkim dzięki licznym książkowym przewodnikom. Można również przypuszczać, że analizował plany miasta i uważnie studiował powszechnie dostępne grafiki. Miasto jest zwiedzane przez nieszczęśliwego bohatera powieści, Stanisława Wokulskiego, zubożałego szlachcica, który wyjechał do Francji, żeby zapomnieć o swojej wielkiej miłości do arystokratki Izabeli Łęckiej.

Mots-clés : Paris, Roman, La poupée, description, vision

Période : Les années 1870

Aires géographiques : Europe, France, Paris

Introduction

1Le sujet de la France et des Français dans la conscience et l’imagination des Polonais à la fin du XIXe siècle n’est pas nouveau dans les recherches scientifiques1. La problématique est vaste et profondément liée à la situation historique, politique et culturelle de la Pologne sous les partages des trois puissances. Pour le peuple polonais, la France et sa capitale étaient au XIXe siècle une terre promise dans plusieurs domaines de la vie. Tout d’abord, c’est là-bas que les immigrés polonais ont trouvé refuge dans la première moitié du siècle. Ensuite, c’est encore sur le territoire français que les intellectuels et les artistes polonais ont découvert de nouveaux courants artistiques et littéraires.   

2L’objet de la présente communication est une œuvre, reconnue aujourd’hui par la plupart des jeunes lecteurs comme un vrai symbole du positivisme et du réalisme – l’époque qu’ils jugent fréquemment la plus ennuyeuse dans l’histoire de la littérature polonaise. Il serait difficile de discuter l’opinion que la langue, le rythme ou l’imaginaire de la narration de Bolesław Prus n’ont aujourd’hui aucune chance de faire concurrence au style des auteurs du postmodernisme du XXIe siècle. Les romans de l’écrivain réaliste ne sont plus appréciés ni par des lycéens, ni par des étudiants en lettres qui les définissent comme trop longs, trop descriptifs, trop attachés aux menus détails. Selon nous, La poupée, la plus grande œuvre de Bolesław Prus, possède des valeurs indéniables et mérite une lecture toujours renouvelée. Le livre mérite d’être considéré comme le témoignage d’un travail énorme d’un romancier observateur qui a créé devant les yeux des lecteurs deux mondes : celui de la ville de Varsovie qu’il avait parfaitement connue, et celui de Paris qu’il avait dû imaginer, mais surtout « copier ».

3Plusieurs de ces questions ont déjà été profondément examinées par des chercheurs polonais. Par exemple, « Le Varsovie de Wokulski » a été précisément exploré dans plusieurs analyses2, mais le séjour de Wokulski à Paris est un objet d’analyses beaucoup moins fréquent3.

4Afin de bien examiner cette dernière question, nous avons divisé notre communication en trois parties suivantes, qui sont autant des problèmes que nous souhaitons développer dans la suite :

5L’écrivain polonais et son roman.

6Trois visions de la France et de Paris dans le roman de Bolesław Prus.

7Paris à travers les yeux du héros de La poupée.

1. L’écrivain polonais et son roman « La poupée » 

8Bolesław Prus (1847-1912), de son vrai nom Aleksander Głowacki4, fut l’un des écrivains polonais réalistes du XIXe siècle les plus importants. Il vécut à une époque marquée la gloire de romanciers tels que, par exemple, Henryk Sienkiewicz (1846-1916), le lauréat du prix Nobel pour son célèbre roman Quo vadis (1905).

9Au début de sa carrière d’écrivain, Prus travailla dans deux journaux : Niwa et Kurjer Warszawski. Il publiait régulièrement des chroniques intitulées Feuilles de voyage (Kartki z podróży) et Les chroniques hebdomadaires (Kroniki tygodniowe), dans lesquelles il relevait différentes observations de ses voyages à travers la Pologne. Les informations et les documents qu'il collectait au cours des voyages étaient transposés dans ses romans. Quelques titres parmi ces œuvres ont déjà été traduits en français : L’avant-poste5 (Placówka, 1886), Le Pharaon6 (Faraon, 1897) mais surtout La poupée7 (Lalka, 1890).

10Le dernier des romans cités dessine devant les yeux des lecteurs un large portrait de la société varsovienne sous l’occupation russe en 1878. Nous découvrons plusieurs classes sociales et leurs représentants tels que les aristocrates, nobles, bourgeois, premiers socialistes, intellectuels, étudiants, marchands, ouvriers et prostituées. Nous apprenons des détails concernant leur situation économique, leur engagement envers la situation politique de la Pologne. Sur un fond panoramique large et détaillé, nous suivons l’histoire du grand amour de Stanisław Wokulski pour Izabela Łęcka. Le héros, un noble appauvri, a décidé de prendre son destin en main et, après avoir gagné une fortune en Bulgarie pendant la guerre russo-turque (1877), a ouvert à Varsovie un magasin de mercerie. Stanisław est éperdument amoureux d’Izabela et il est prêt à satisfaire chacun de ses caprices. En revanche, la jeune femme, coquette et calculatrice, ne prend pas son adorateur au sérieux. Wokulski, propriétaire d’une grande fortune et d’un commerce bien prospère, n’est pour elle qu’un vulgaire commerçant.

11Une histoire d’amour typique pour un roman du XIXe siècle et se terminant mal (Izabela trompe son admirateur qui disparaît on ne sait où) qui prend pour fond la vie colorée des différents milieux sociaux du Varsovie de l’époque.

12Dans La poupée, nous trouvons aussi deux chapitres entiers décrivant le séjour de Wokulski à Paris. Stanisław a proposé à Izabela de partir pour la France afin de réaliser son grand désir. On est en 1878. À Paris se tient la troisième exposition universelle et Izabela rêve d’y aller, de se trouver dans la capitale de l’aristocratie, des artistes et de l’art, de sentir le souffle du grand monde de l’élégance et de la culture. Finalement, suite à un grave malentendu entre nos héros, Wokulski va à Paris tout seul.

13Bolesław Prus décrit parfaitement la ville, ce qui est d’autant plus impressionnant qu’il ne s’est rendu à l'étranger, pour la première et dernière fois de sa vie, qu’en 1895, soit cinq ans après avoir écrit La poupée. Pendant son grand tour d’Europe, l’écrivain a visité la Suisse, l’Allemagne et la France, Paris compris, mais cette expérience est venue trop tard pour lui fournir la matière documentaire à La poupée. Sept ans plus tôt, quand le romancier avait commencé la publication de son livre dans le journal quotidien Kurjer Warszawski, il était obligé de trouver d’autres moyens pour recréer un Paris crédible.  

2. Trois visions de la France dans le roman de Bolesław Prus

14La France revient dans le roman dans trois contextes différents. Le premier est principalement associé au personnage d’Ignacy Rzecki, un héros narratif de second plan, un grand ami de Wokulski, l’observateur perspicace de ses aventures amoureuses et son vendeur de confiance au magasin. Rzecki représente la génération la plus âgée, marquée par la participation à la guerre d’indépendance hongroise contre les Habsbourg, au milieu du XIXe siècle. Il croit toujours à la légende de Napoléon Bonaparte et attend une solution miraculeuse aux problèmes de la nation polonaise qui devrait venir, d’après lui, de la France.

15Le deuxième contexte nous conduit directement au monde de l’aristocratie. D’abord, dans cette perspective, la France est un pays lointain et quelque peu magique. Paris apparaît dans les récits et les souvenirs des aristocrates, et est habituellement évoqué avec une note de mélancolie et de nostalgie – comme un espace inaccessible au tout-venant. « Le monde enchanté » n’est accessible qu’aux élus8.

16La France reste la partie spirituelle aussi pour Izabela :

Dès lors, elle comprit combien elle l’aimait, cette patrie spirituelle où les lustres de cristal remplacent le soleil, les divans la terre, les statues et les colonnades les arbres. Cette seconde patrie qui englobe l’aristocratie de tous les peuples, l’élégance de toutes les époques et les plus belles conquêtes de la civilisation9.

17C’est à Paris qu’un comte a fait à Izabela une proposition de mariage10. Plus tard, à Varsovie, elle n’achetait que des bibelots français (de la meilleure qualité) dans le magasin de Wokulski. Finalement, un acteur de théâtre italien (dont elle était tombée amoureuse en France) est arrivé de Paris à Varsovie.

18La troisième vision de Paris est celle de Stanisław Wokulski. La ville est présentée par le narrateur du roman du point de vue de quelqu’un qui est venu pour la première fois dans la capitale culturelle du monde et qui y a découvert une terre inconnue.

3. Paris vu par Stanisław Wokulski

19Wokulski découvre et admire les différents visages de Paris. La ville lui montre une société de gens libres, très développée économiquement, riche. D’un autre côté, grâce aux descriptions du narrateur, le lecteur peut connaître la topographie très précise de la ville, ce qui est encore plus intéressant de notre point de vue. Il semble que Prus ait fait tout son possible pour être crédible. De temps en temps, on a même l’impression qu’il exagère, car il aurait été impossible dans la réalité (pour un séjour aussi court) de visiter autant de choses que Wokulski.

20Nous pouvons supposer que Prus a très bien examiné plusieurs guides de Paris, des plans de la ville et les catalogues de l’exposition universelle de 1878. Il a été confirmé que le romancier, en écrivant son livre entre 1887 et 1889, possédait dans sa bibliothèque un exemplaire du Guide parisien (Przewodnik paryski...11), publié dans une maison d’édition polonaise à Paris, en 1878, à l’occasion de la troisième exposition universelle. C’était le guide le plus populaire, écrit en polonais et pour les Polonais.

21Le Paris visité par Wokulski est le Paris décrit dans le guide. Aux premiers pas faits par le héros du roman dans la ville, nous reconnaissons les informations venant du livre de Horodyński et Reiff.  Stanisław arrive à Paris :

Dix heures du matin, nouvelle gare. Le train s’arrête sous une verrière [...]. Soudain, quelqu’un lui touche l’épaule.

Eh bien. Stanislas Piotrovitch, tu as de la chance d’être venu !...

Wokulski reste un instant à dévisager un géant à face rouge et barbe filasse et dit :

Ah ! Souzine.

Ils tombent dans les bras l’un de l’autre. L’un des Français qui accompagnent Souzine prend à Wokulski sa fiche de bagages12

22L’auteur ne nous donne pas le nom de la gare mais on peut facilement deviner que Wokulski se trouve à la Gare du Nord. C’est là-bas que la plupart des trains d’Europe de l’Est, surtout ceux venant de Berlin, arrivaient à l’époque. Prus a bien vérifié les horaires des voyages entre Varsovie et Paris, le nombre de changements et la longueur du trajet.

23Une fois arrivé à la gare, la grande aventure commence. Et même si, au départ, notre héros se sent un peu perdu, il plonge tout de suite dans l’ambiance de la ville. D’abord, le narrateur nous montre un trajet précis que Wokulski aurait dû parcourir entre la Gare du Nord et Le Grand Hôtel – l’établissement le plus beau et le plus chic de ce temps-là. Après avoir trouvé un fiacre à deux chevaux, les héros se déplacent :

Regarde, dit Souzine, c’est la rue La Fayette et voilà le boulevard de Magenta. Nous longeons la rue Lafayette jusqu’à notre hôtel, près de l’Opéra. Je te dis que c’est une merveille, pas une ville ! Et quand tu verras les Champs-Elysées, et après, entre la Seine et la rue de Rivoli... Ah ! Je te dis, ce n’est pas une ville, c’est une merveille. Les femmes seulement, se font trop valoir. Mais ici le goût est différent... [...] Oh ! Regarde, c’est l’Opéra, et voilà le boulevard des Capucines, et là notre logis13.

24Ce « logis », construit entre 1861 et 1862 pour l’exposition universelle de 1867, était à l’époque un vrai symbole du luxe. Dès son ouverture, Le Grand Hôtel, et surtout son célèbre Café de la Paix, est devenu le lieu de rencontres (privilégié) des plus grands artistes, écrivains, musiciens ou comédiens, tels que Victor Hugo, Émile Zola, Guy de Maupassant, Oscar Wilde ou Marcel Proust. Le marchand polonais était un homme suffisamment riche pour payer une chambre de 10 francs au Grand Hôtel mais l’aménagement et solutions techniques du bâtiment l’ont tout de même beaucoup impressionné :

Le fiacre passe sous une magnifique porte cochère. Le laquais ouvre la portière, ils descendent ; Souzine prend Wokulski par le bras, le mène à une petite cage qui bientôt s’élève dans les airs.

Et voilà l’ascenseur, précise Souzine. J’ai ici deux appartements. L’un au premier, à cent francs par jour, l’autre au troisième, à dix francs. Pour toi, j’ai loué également à dix francs. Qu’y faire, c’est l’Exposition !...

Ils sortent de l’ascenseur dans le couloir ; un instant après, ils sont dans un élégant petit salon qui possède un mobilier d’acajou, un grand lit à baldaquin et une armoire dont la porte est faite d’une seule glace14.  

25Les guides de Paris de cette époque ne fournissent pas de renseignements sur les ascenseurs du Grand Hôtel. On peut supposer que les clients d’un hôtel de luxe bénéficiaient de tout le confort et des équipements modernes, y compris des ascenseurs. Prus a probablement été renseigné par quelqu’un qui lui a confirmé la présence de cette « petite cage » dans le bâtiment de l’hôtel. En ce qui concerne le prix de la chambre, le romancier n’a rien négligé non plus. Toutefois, dans le guide de Horodyński et Reiff, il y a seulement deux phrases consacrées aux prix des chambres. Nous lisons notamment que, normalement, on peut trouver à Paris une chambre à 5 francs, mais que, près de l’Opéra, les prix sont deux fois plus chers.Par ailleurs, le guide nous indique que, très probablement, les prix des chambres vont augmenter lors de l’exposition15.

26L’auteur du roman a décrit deux promenades de Wokulski à Paris pendant lesquelles le héros admirait la ville.

27Pendant sa première promenade, plongé dans l’espace de la ville, Wokulski remarque des gens étranges et beaucoup de petits détails surprenants. Ils lui rappellent Varsovie, son propre magasin et surtout Izabela, la femme qu’il n’arrive pas à oublier16. Stanisław observe les rues, la foule des Parisiens, le comportement des gens :

La rue est large, bordée d’arbres. En une minute, il voit passer une demi-douzaine de fiacres et un omnibus jaune surchargé de voyageurs, au-dedans comme sur l’impériale. A droite, très loin, on voit une place. A gauche, en bordure de l’hôtel, une marquise abrite une multitude de dames et de messieurs assis autour de petites tables débordant sur le trottoir et qui dégustent le café. Les messieurs avec leur gilet échancré paraissent décolletés, ils portent la fleur à la boutonnière ou quelque petit ruban, et croisent les jambes juste à la hauteur qui convient dans le voisinage d’immeubles à cinq étages. Les femmes sont minces, petites, la peau brune et la prunelle de feu, mais de mise simple17.

28Comment quelqu’un qui n’a jamais vu la ville, aurait pu la décrire si précisément ? L’ambiance de Paris est représentée dans le roman avec une grande sensibilité. En même temps, nous sentons qu’il y a autour de Wokulski trop de détails. Le monde parisien est montré de façon réaliste mais il est trop beau, trop précieux, trop idéal, trop parfait.

29L’imagination à elle seule n’aurait pas suffi pour montrer aux lecteurs ces détails typiques de toutes les villes de France comme, par exemple, les petites tables rondes « débordant sur le trottoir ».  Dans le guide de Horodyński et Reiff, on ne trouve pas de chapitre consacré au mode de vie des Parisiens. Les articles dans la presse polonaise n’auraient pas été suffisants pour bien connaître cette atmosphère unique en son genre. Prus aurait d’abord dû voir tout cela de ses propres yeux pour le dépeindre en mots dans son roman. On peut supposer qu’il a regardé plusieurs gravures en bois avec des images de la ville : les rues, les avenues, les places, les moyens de transport et les Parisiens typiques. A l’époque, les gravures de très bonne qualité étaient répandues partout en Europe. Selon nous, il n’y a pas d’autre solution qu’admettre que l’auteur du roman ait bien analysé tous les documents : des guides, des plans et des images de Paris disponibles. Nous le sentons tout de suite, dès le premier pas de Wokulski dans la ville. Cela semble incroyable mais Prus a même vérifié le prix du guide édité à Paris par Horodyński et Reiff. Il y a un tout petit paragraphe du chapitre parisien dans lequel Wokulski se plonge totalement dans la grande foule de la rue. Il observe autour de lui des piétons, des chiens, des chevaux, des cavaliers et des amazones, des marchands de fruits et de gâteaux, des bouquinistes. Et, tout à coup, il entend un crieur de journaux : « M’chand d’habits… Figaro !... Exposition !... « Guide Parisien » !... Trois francs ! Trois francs18.

30La plus grande bibliographie polonaise du XIXe siècle note que le guide de Horodyński et Reiff « comptait 241 pages et coûtait 3 francs »19. Nota bene, il était assez cher par rapport aux autres, comme par exemple au guide à l’exposition universelle de 1867 qui ne coûtait qu’un seul franc20. Il est difficile d’établir constater avec certitude si c’était exactement ce guide que Prus avait si bien exploré. Mais il est certain que l’auteur a passé de longues heures en lisant des livres sur Paris et à analyser des plans de la ville. Dans le roman, il y a de nombreux indices qui peuvent confirmer cette hypothèse.

31Les descriptions les plus importantes sont consacrées aux promenades de Wokulski à travers la ville. Lors de la lecture de ces paragraphes, on a l’impression que l’auteur faisait voyager son doigt sur la carte de Paris, ayant devant les yeux l’un des guides de la ville et admirant les gravures de l’époque. Le plan lui a permis d’élaborer de bons itinéraires pour Wokulski, le guide a fourni les détails de la promenade, et les gravures – de beaux éléments de nombreux monuments décrits.

32Lors de sa première sortie de l’hôtel, Wokulski se dirige à gauche. Il arrive à une grande place où convergent sept rues :

Au fond, on aperçoit un édifice d’une imposante architecture. Au rez-de-chaussée, un alignement d’arcades et de statues ; au premier étage, d’énormes colonnes de pierre et d’autres plus petites de marbres, aux chapiteaux dorés. Au niveau du toit, à chaque angle, des aigles et des personnages dorés, s’élevant au-dessus des formes d’or de chevaux cabrés. Au premier plan, un toit plat, derrière, une coupole surmontée d’une couronne, et plus au fond encore, un toit triangulaire dont le faite supporte un autre groupe de statues. Partout ce ne sont que marbre, bronze et dorure, partout colonnes, statues et médaillons21.

33Il semble impossible que le romancier puisse décrire si précisément l’Opéra de Paris sans avoir scruté une image précise du bâtiment. Ces rapprochements de monuments historiques de la ville apparaissent souvent dans le livre. Grâce à sa promenade à pied, Wokulski sent l’atmosphère de Paris et « absorbe le spectacle qu’offrent les immeubles »22. Il admire les magasins, les balustrades, les façades. Mais, de temps à autre, le narrateur nous signale un repère topographique exact où se trouve le héros. Grâce à ces indications, nous pouvons retracer toute la route de Wokulski sur le plan de Paris. Après être passé à côté de l’Opéra, il a sûrement pris le boulevard des Italiens, puis il a probablement tourné sur le boulevard Montmartre, parce que, tout à coup, il a lu la plaque d’une petite rue transversale : rue Saint-Fiacre, et quelques pas plus loin, la rue du Sentier :

Encore quelques dizaines de pas et il voit : rue Poissonnière ce qui lui remet en mémoire une certaine affaire criminelle. Puis, c’est une succession de courtes ruelles débouchant juste en face du théâtre du Gymnase23.

34Toute cette route décrite est conforme au plan de la ville mais il y a des moments où la description (du point de vue d’un piéton) semble trop détaillée. Wokulski marchait toujours tout droit le long du boulevard Montmartre. Il pouvait remarquer toutes les ruelles étroites à gauche et à droite mais il ne pouvait pas savoir, contrairement à l’auteur, qu’elles étaient tellement courtes. C’est l’auteur qui les voyait sur le plan de la ville.

35Au cours de sa première balade Wokulski arrive jusqu’à la Porte Saint-Martin et, quelques centaines de pas plus loin, à La Porte Saint-Denis. Fatigué et toujours mélancolique, il rentre chez lui dans un fiacre.

36Sa deuxième rencontre avec Paris a été beaucoup plus longue et encore plus excitante. Cette fois-ci, Stanisław, après avoir quitté Le Grand Hôtel, décide de se diriger à droite. Il fait un grand tour, marqué par les endroits et les monuments historiques suivants : boulevard des Capucines – Place de la Madeleine avec son église célèbre – petite rue Royale – Place de la Concorde et l’obélisque de Louqsor :

Wokulski s’approcha de l’Obélisque et fut saisi de la perspective qui s’offrait à sa vue. Il se trouvait au centre d’un espace d’environ deux verstes de long et une demi-verste de large. Derrière lui, un jardin [Jardin des Tuileries – JB], devant lui une très longue avenue [Champs-Elysées – JB]. Dans le lontain, sur une éminence, se découpait une porte monumentale [Arc de Triomphe sur la Place de l’Étoile – JB]. Wokulski sentit qu’en ce lieu sa pensée manquerait d’adjectifs et de superlatifs. [...]

Il atteignit l’Arc de Triomphe puis, à pas lents, refit la route en sens inverse. Quand il se trouva de nouveau place de la Concorde, il aperçut derrière les Tuileries une énorme sphère noire qui s’élevait rapidement dans les airs, s’y maintenait un certain temps et lentement retombait au sol24.

37La sphère que Wokulski a aperçue était le ballon d’Henri Giffard, annoncé sur les affiches de l’époque comme une des plus grandes attractions de l’exposition universelle de 1878. L’endroit où Stanisław Wokulski l’a vue dans le roman correspond exactement à celui de son exposition :

Panorama de Paris vu de la nacelle du Grand Ballon Captif à Vapeur de la cour des Tuileries. Volume de l’aérostat 25 000 mètres cubes, diamètre de la sphère 36 mètres, force des machine à vapeur 300 chavaux. Tous les jours ascension captives de 500 à 600 mètres d’altitude. Il est offert à chaque voyageur une médaille commémorative de son ascension25.

38Nous pouvons imaginer avec quelle précision Prus a analysé tous les documents, articles, cartes, plans et gravures pour rendre crédible l’image de la ville qu’il n’avait pas visitée. Il a choisi un moyen sûr mais assez particulier pour éviter les erreurs. Le héros de son roman ne visitait que les endroits très bien connus de tous les touristes venant à Paris à cette époque. Dans le roman, on tombe par exemple sur ce passage :

« L’Exposition... Notre-Dame... les Halles centrales... place de la Bastille... La Madelaine... les Egouts... »26.

39Une page plus loin, le narrateur cite tous les monuments de Paris énumérés dans le guide de Horodyński et Reiff, le « must » pour tous les visiteurs :

Au cours de ces pérégrinations, il [Wokulskii – JB] escaladait la tour Saint-Jacques, les tours de Notre-Dame et la coupole du Panthéon ; il montait au Trocadéro en ascenseur, descendait dans les égouts parisiens et circulait dans les Catacombes ornées de têtes de morts. Il visitait l’Exposition universelle, le Louvre et Cluny, parcourait le bois de Boulogne, les cimetières, fréquentait les cafés de la Rotonde, du Grand Balcon, et s’étonnait du nombre des hôpitaux. Il vit la Sorbonne et les salles d’escrime, les Halles et le Conservatoire de musique, les abattoirs et les théâtres, la Bourse, la colonne de Juillet et les divers sanctuaires. Cette accumulation d’images créait autour de lui un chaos qui répondait au chaos dans son âme27.

40Il est difficile d’établir avec exactitude combien de jours Wokulski a séjourné à Paris et s’il a eu le temps de voir ces attractions dans la ville.  Néanmoins, nous pouvons identifier une petite erreur commise par l’auteur du roman. Parmi les activités qu’il a prévues pour Wokulski à Paris, il y avait aussi une visite « dans les Catacombes ornées de têtes de morts »28. À la fin du XIXe siècle, cette visite n’aurait pas été si évidente à réaliser. Elle était possible mais dans plusieurs guides de l’époque (aussi bien français que polonais, et surtout dans le Baedeker, le guide le plus connu dans l’Europe entière) nous lisons une information pratique :

Pour visiter, demander un permis à l’ingénieur en chef des travaux de Paris. (Préfecture de la Seine)29.

41La même information se trouve dans le guide de Horodyński et Reiff30. Dans un autre livre, il y a des renseignements encore plus précis :

Les Catacombes, des itinéraires minières anciennes, se passent sous la zone de banlieue [parisienne – JB], à partir de la rive gauche jusqu’à Arcueil. Les os, retrouvés dans les cimetières déjà fermées, sont y transportés. L’entrée principale aux Catacombes : de la Porte d’Enfer. On ne peut les visiter que trois ou quatre fois par ans, avec un permis d’ingénieur en chef31.

42Est-ce que Wokulski, qui a probablement passé à Paris quelques semaines à peine, aurait eu le temps de demander un permis à la préfecture et d’attendre qu’un groupe se constitue ? Les visites individuelles aux Catacombes étaient strictement interdites.

4. Conclusion

43- La vision de Paris que nous reconnaissons dans le roman de Bolesław Prus n’est pas une vision d’autopsie. Dans les années 1887-1889, le romancier n’a pas encore visité la ville.

44- L’espace de Paris n’est pas une vision purement imaginaire. Toutes les informations concernant le voyage en train de Varsovie à Paris, détails de l’aménagement des intérieurs à l’hôtel et les prix avaient été minutieusement vérifiés par l’auteur du roman. La topographie de la ville était parfaitement connue. Réaliste et précise, la description des grandes avenues, des bâtiments, des monuments historiques et des situations quotidiennes dans les rues parisiennes, avait été produite grâce aux longues analyses de plusieurs guides, plans et – comme on peut le supposer – gravures de l’époque.

45- Cette exactitude exagérée a pour conséquence un excès et l’irréalité du monde représenté.

46- On peut constater que Bolesław Prus a produit des descriptions de Paris tellement détaillées et rigoureuses pour nous offrir un portrait mental de Stanisław Wokulski avec la ville comme fond.

47Paris était toujours le grand rêve d’Izabela Łęcka. Pour Wokulski, qui pouvait emprunter chaque rue de la ville, visiter l’exposition universelle, boire un cognac au Café de la Paix, Paris a perdu son charme et est devenu un espace réel. Mais la ville restait surtout un espace privé de la présence d’Izabela. C’est pourquoi Wokulski ne voit autour de lui que le chaos « qui répondait au chaos dans son âme »32. Paris, où Wokulski voulait passer avec Izabela les plus beaux jours de la vie, est devenu la ville des Jours gris et heures sanglantes33.

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Ziejka, Franciszek. Paryż młodopolski [Paris de la Jeune Pologne], Warszawa, éd. PWN,  1993. 

Notes

1  Parmi les livres consacrés à la France et de son importance pour les Polonais à la fin du XIXe siècle, nous pouvons citer, par ex. (dans l’ordre chronologique): Jan Lorentowicz, La Pologne en France. Essai d’une bibliographie raisonnée, vol.1-3, Paris, éd. Librairie Ancienne, 1935-1941 ;Wiesław Śladkowski, Polacy we Francji [Les Polonais en France], éd. Polonia , Lublin 1985 ;Franciszek Ziejka, Paryż młodopolski [Paris de la Jeune Pologne], éd. PWN , Warszawa 1993 ; Ewa Bobrowska-Jakubowska, Artyści polscy we Francji w latach 1890-1918. Wspólnoty i indywidualności [Les artistes polonais en France dans les années 1890-1918. Communautés et les individus], Warszawa, éd. DiG, 2004 (ici une bibliographie complète).

2  Pour comparer des analyses modèles, par ex. (dans l’ordre chronologique): Henryk Markiewicz, « Lalka » Bolesława Prusa [« La poupée » de Bolesław Prus], Warszawa, éd. Książka i Wiedza, 1951 ;Stefan Godlewski, Ludwik Grzeniewski, Henryk Markiewicz, Śladami Wokulskiego. Przedwodnik po warszawskich realiach « Lalki » [Sur les traces de Wokulski. Le guide des réalités de Varsovie dans « La poupée »], Warszawa, éd. Czytelnik, 1957 ; Ludwik Grzeniewski, Warszawa w « Lalce » Prusa [Varsovie dans « La poupée], Warszawa, éd. Państwowy Instytut Wydawniczy, 1965 ; Józef Bachórz, Wstęp [Introduction], in : Bolesław Prus, Lalka [La poupée], Wrocław, éd. Zakład Narodowy im. Ossolińskich, 1991.

3  Pour comparer : Józef Bachórz, op. cit. ; Olga Tokarczuk, Lalka i perły [La poupée et les perles], Kraków, éd. Wydawnictwo Literackie, 2001 ;Krzysztof Rutkowski, Wokulski w Paryżu [Wokulski à Paris], Gdańsk, éd. Słowo. Obraz. Terytoria, 2010.

4  L’écrivain a commencé à signer ses récits d’un pseudonyme parce qu’il espérait utiliser un jour son vrai nom pour signer des travaux scientifiques. En fait, Prus avait fait des études de mathématiques et de physique à Szkoła Główna Warszawska (L’École Supérieure de Varsovie), une instutition d’éducation supérieure polonaise (ou : une école supérieure polonaise/ un établissement supérieur polonais), active dans les années 1862-1869. Pour comparer : Stanisław Fita, Krystyna Tokarzówna, Bolesław Prus 1847-1912. Kalendarz życia i twórczości, réd. Zygmunt Szweykowski, Warszawa, éd. Państwowy Instytut Wydawniczy, 1969.

5  Boleslaw Prus, L'Avant-poste, trad. de Marie Rakowska. Paris, Éditions Gallimard, 1930.

6 Idem, Le Pharaon, trad. de Jean Nittman. Paris, Éditions de L'Atalante, 1990 (réédition 1998).

7  Idem, La poupée, vol. 1-3, trad. par Wenceslas Godlewski, Simone Deligne, Michel Marcq. Paris, éd. Del Duca, 1962-1964.

8  Idem, La poupée, op. cit., vol. I, chapitre 5 (Démocratisation d’un grand seigneur et rêveries demoiselle de la haute société), passim.

9  Ibidem, p. 67.

10  Ibidem, p. 69.

11  I. Horodyński, Adolf Reiff, Przewodnik paryzki. Opis Paryża i jego okolic z rysem historycznym i artystycznym wszystkich pomników oraz opisanie pałacu wystawy z mappami przez... [Le guide parisien. Description de Paris et ses endroits avec une esquisse historique et artistique de tous monuments, et description de l’exposition Palace avec des cartes par...], Paris, éd. Drukarnia Polska Adolfa Reiffa, 1878.

12  B. Prus, op. cit., p. 233.

13  Ibidem, p. 234.

14  Ibidem, p. 235.

15  I. Horodyński, A. Reiff, op. cit., p. 13-14.

16  Nous laissons de côté cette partie psychologique, pourtant très intéressante et importante, du séjour de Wokulski à Paris car sa nostalgie de la femme idéale et du plus grand amour de sa vie a déjà été analysée à maintes reprises. Voir : tous les titres cités dans la note n° 2.

17  B. Prus, La Poupée, op. cit., p. 238.

18  Ibidem, p. 240.

19  Bibliografia Estreichera (La bibliographie d’Estreicher), vol. X, p. 388.

20  Guide officiel à l’Exposition universelle de 1867. Vade-mecum du visiteur, E. Dentu Libraire-Editeur de la Commision Imperiale, Paris 1867. Le prix du guide est affichié sur la couverture.

21  B. Prus, La Poupée, op. cit., p. 239.

22  Ibidem, p. 241.

23  Ibidem, p.  243.

24 Ibidem, p. 256-257.

25  Le texte d’après l’affiche officiele de l’exposition, pour comparer: http://www.laboiteverte.fr/le-ballon-captif-dhenri-giffard-au-dessus-de-paris-en-1878 Ici des informations supplémentaires : « Henri Giffard était un inventeur Français qui a fabriqué pour l’Exposition Universelle de 1878 un ballon de 25 000m³ situé aux Tuileries et capable d’emporter 40 passagers à 500m au-dessus de Paris, il réalisait une dizaine d’ascensions par jour avant d’être ramené au sol par un câble et un moteur à vapeur de 300 cv. C’était l’une des attractions les plus populaires de l’Exposition et l’on estime qu’autant de visiteurs ont pris les airs avec elle pendant les 2 mois où elle était en activité que de gens s’étaient envolés en aérostat depuis son invention un siècle plus tôt ».

26  B. Prus, op. cit., p. 258.

27  Ibidem, p. 259-260.

28  Ibidem, p. 259.

29  Karl Baedeker, Paris et ses environs avec les principaux itineraires entre les pays limitrophes de la France et Paris. Manuel du voyageur, Paris 1878 (Leipzig, Karl Baedeker, Editeur), avec 10 cartes et 23 plans, p. 337, 339. Pareil : Guide de l’Etranger dans Paris et ses environs, illustré de 130 gravures sur bois, Hôtel du Louvre, Paris 1875, p. 263-264.

30  I. Horodyński, A. Reiff, op. cit., p. 17-18.

31 Przewodnik dla podróżujących za granicę [Guide pour les voyageurs à l’étranger], Warszawa 1873, p. 290 (« Katakumby, dawne górnicze galeryje, ciągną się pod przedmieściami od lewego brz. aż do Arcueil. Składano tam kości, znajdywane w dawnych poznoszonych cmentarzach. Główne wejście do Katakumb od rogatki d’Enfer. – Można zwiedzać tylko 3 lub 4 razy do roku, za pozwoleniem naczelnego inżyniera. »).

32  B. Prus, op. cit., p. 260.

33  Le titre du chapitre du roman, consacré au séjour de Wokulski à Paris.

Pour citer cet article

Justyna Bajda (2015). "« La poupée » ou Paris dans l’imaginaire de Bolesław Prus". Revue du Centre Européen d'Etudes Slaves - Imaginaire littéraire franco-slave | Numéro 4 | La revue.

[En ligne] Publié en ligne le 04 février 2015.

URL : http://09.edel.univ-poitiers.fr/etudesslaves/index.php?id=993

Consulté le 25/09/2017.

A propos des auteurs

Justyna Bajda

Justyna Bajda est professeur à l’Institut d’Études Polonaises (Faculté des Lettres) à l’Université de Wrocław (Pologne). Elle est spécialiste du XIXe siècle dans les domaines d’art, de culture et de littérature en Pologne et en Europe. Livres publiés : A la charnière de deux siècles... (2002); La Jeune Pologne (2003); La poésie et les beaux arts. Sur la conscience esthétique et l’imagination poétique de Kazimierz Przerwa-Tetmajer (2003); Les poètes sont les peintres des mots... Les types des rapports entre le mot et l’image dans les livres de poésie de l’époque de la Jeune Pologne (2010). Elle est également auteur d’une anthologie de la poésie polonaise de la deuxième moitié du XIXe siècle (2007) ainsi que de plusieurs articles consacrés aux rapports intersémiotiques entre la poésie et les beaux arts.

Articles du même auteur :

Numéro 4 - La France dans l'imaginaire slave

Le quatrième numéro de la Revue du Centre Européen d’Études Slaves contient les contributions issues de la journée d’études organisée les 27 et 28 juin 2014 à l’Université de Poitiers. Soutenue par l’AUF, UFR Lettres et Langues et le laboratoire MIMMOC EA 3812, elle fut consacrée à l'étude de l'image que la langue et la culture françaises reflètent sur l'imaginaire culturel slave. Cette manifestation scientifique fut inaugurée par S. E. Madame Nina Sajic l'Ambassadrice de Bosnie-Herzégovine.



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Dernière mise à jour : 16 mars 2017

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